La littérature nord-coréenne

Héritage classique coréen

Avant la partition, la péninsule partageait une longue tradition écrite, faite de poèmes sijo, de récits en prose et de textes rédigés en chinois classique. La Corée du Nord revendique cet héritage et republie certaines oeuvres anciennes, dont le Dit de Chunhyang, récit populaire que la critique officielle relit comme une dénonciation de l'ordre féodal.

Doctrine littéraire officielle

Depuis les années 1960, la production littéraire relève de l'Union des écrivains, organisation encadrée par le Parti du travail de Corée. Les textes théoriques publiés sous le nom de Kim Jong-il, notamment sur le cinéma et sur la littérature, définissent une esthétique qui associe réalisme socialiste et thèmes du juche. Les chercheurs qui étudient ce corpus depuis l'étranger soulignent que toute publication suppose une validation politique préalable.

Grands cycles romanesques

Plusieurs séries de romans occupent une place centrale dans les programmes scolaires. Le cycle Immortelle Histoire, entamé dans les années 1970 par un collectif d'auteurs, met en scène la vie de Kim Il-sung. Les mémoires parus sous son nom, Dans le fil du siècle, constituent une autre référence obligée. La nouvelle et la poésie traitent surtout du travail collectif, de la défense du pays et de la fidélité aux dirigeants.

Lecture et bibliothèques

La Grande Maison d'étude du peuple, ouverte en 1982 sur la place Kim Il-sung, tient lieu de bibliothèque nationale et de centre de formation continue. Les librairies des grandes villes proposent essentiellement des ouvrages politiques, des manuels techniques et des classiques coréens.

Circulation des textes hors du pays

Les traductions en français ou en anglais restent rares et proviennent le plus souvent des éditions officielles en langues étrangères de Pyongyang. Quelques recueils parus à l'étranger rassemblent des textes attribués à des auteurs restés anonymes, comme La Dénonciation, publiée sous le pseudonyme de Bandi, dont l'authenticité a suscité des débats. Les récits de transfuges édités en Corée du Sud, en Europe et aux Etats-Unis forment un ensemble distinct de la littérature autorisée et proposent une autre lecture de la société nord-coréenne.