Les valeurs et les mentalités en Corée du Nord

Juche, doctrine de l'autonomie

Le juche, formulé à partir des années 1950, constitue la référence idéologique centrale du pays. Le discours officiel le présente comme la capacité d'un peuple à décider de son destin par ses propres forces, dans les domaines politique, économique et militaire. Les analystes étrangers y voient également un cadre de légitimation du pouvoir héréditaire et un instrument de mobilisation de la population.

Songun et priorité militaire

Le songun, ligne de priorité accordée à l'armée, structure l'organisation sociale depuis les années 1990. Il place les forces armées au premier rang dans la répartition des ressources et fait du service militaire, long de plusieurs années, une étape ordinaire de la vie adulte. Sous Kim Jong-un, les documents officiels accordent une place croissante au développement économique aux côtés de cet axe.

Songbun et classement social

Des chercheurs et des rapports d'organisations non gouvernementales décrivent un système de classement des familles, appelé songbun, fondé sur l'origine sociale et sur le comportement politique des ascendants. Selon ces travaux, il influencerait l'accès aux études, aux emplois et au logement. Les autorités nord-coréennes n'en reconnaissent pas publiquement l'existence sous cette forme.

Famille et vie collective

L'héritage confucéen reste perceptible dans le respect dû à l'âge, dans l'importance de la lignée et dans la place des cérémonies familiales. La vie quotidienne s'organise par ailleurs autour d'unités collectives, dont les groupes de voisinage inminban, qui remplissent des tâches d'entraide et de surveillance mutuelle selon les témoignages recueillis auprès de transfuges.

Culte des dirigeants

Les portraits de Kim Il-sung et de Kim Jong-il figurent dans les logements, les lieux de travail et les gares. Les habitants déposent des fleurs devant les statues lors des dates anniversaires. Deux fleurs portent le nom des deux premiers dirigeants, le kimilsungia, une orchidée offerte en 1965 par l'Indonésie, et le kimjongilia, un bégonia obtenu par un horticulteur japonais en 1988. Des expositions leur sont consacrées chaque année à Pyongyang.