Economie de la Corée du Nord

La mesure de l'économie nord-coréenne se heurte à l'absence de comptabilité nationale publiée. Aucune série officielle de produit intérieur brut n'est diffusée depuis des décennies, et les analyses disponibles reposent sur des reconstructions établies à l'extérieur du pays.

Sources d'estimation

La Banque de Corée du Sud publie chaque année une estimation de la croissance nord-coréenne, obtenue en valorisant aux prix sud-coréens des volumes de production reconstitués à partir de renseignements administratifs. Cette méthode, exposée par l'institution elle-même, comporte des marges d'incertitude importantes. D'autres travaux s'appuient sur les statistiques douanières des pays partenaires, sur l'imagerie satellitaire et sur les enquêtes menées auprès de personnes ayant quitté le pays.

Évolution récente selon la Banque de Corée

Après plusieurs années de contraction liées au renforcement des sanctions à partir de 2017 puis à la fermeture des frontières décidée au début de 2020, la Banque de Corée du Sud a estimé la croissance à environ 3,1 % pour l'année 2023 et à environ 3,7 % pour l'année 2024, cette dernière valeur constituant la plus élevée depuis 2016 selon la publication de l'institution. Ces estimations restent des ordres de grandeur et non des données vérifiées.

Marchés et économie informelle

Les marchés apparus après la famine des années 1990 occupent désormais une place structurelle. Les chercheurs qui les étudient, notamment à partir d'images satellitaires recensant les emplacements officiellement tolérés, décrivent plusieurs centaines de marchés permanents. Les autorités ont alterné phases de tolérance et campagnes de reprise en main, la période ouverte en 2020 étant analysée par plusieurs instituts comme un mouvement de recentralisation.

Énergie et infrastructures

Les pénuries d'électricité constituent une contrainte permanente, visible sur les images nocturnes utilisées par les chercheurs. Le parc de production repose sur l'hydroélectricité et sur des centrales au charbon anciennes. L'état du réseau ferroviaire et routier limite la circulation des marchandises, situation relevée par les organisations humanitaires ayant travaillé sur place.

Échanges extérieurs

Le commerce extérieur se compte en quelques milliards de dollars par an, montant très faible au regard de la population. La Chine en assure la très grande majorité selon les données douanières chinoises reprises par les agences sud-coréennes. Les flux se sont effondrés pendant la fermeture des frontières entre 2020 et 2023 avant de se redresser partiellement. Toute opération commerciale demeure encadrée par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et par les réglementations nationales applicables aux exportateurs.