Emploi et travail en Corée du Nord

Le marché du travail nord-coréen ne fonctionne pas selon les mécanismes d'offre et de demande observés ailleurs. L'affectation professionnelle relève de décisions administratives, et les données quantitatives disponibles proviennent presque exclusivement d'estimations extérieures.

Affectation administrative

Les diplômés sont orientés vers des entreprises et des coopératives par les autorités locales, en fonction des besoins du plan et du dossier personnel de chacun. Les recherches consacrées au système de classement social décrivent l'influence de ce dossier sur les possibilités d'affectation. Le changement d'employeur suppose une autorisation.

Service militaire et travail mobilisé

La durée du service militaire, parmi les plus longues au monde, est évaluée par les instituts sud-coréens à plusieurs années pour les hommes. Des mobilisations collectives pour des chantiers, des récoltes ou des campagnes de construction concernent également les salariés et les étudiants, pratique documentée par la commission d'enquête des Nations unies dans son rapport de 2014.

Rémunérations et marchés

Les salaires officiels versés en wons ne couvrent qu'une part très faible des dépenses des ménages. Les revenus tirés d'activités marchandes, décrits par de nombreuses enquêtes menées auprès de personnes ayant quitté le pays, occupent une place déterminante. Ces mêmes travaux relèvent une surreprésentation des femmes dans le commerce de marché.

Travailleurs envoyés à l'étranger

L'envoi de travailleurs à l'étranger a longtemps constitué une source de devises. La résolution 2397 du Conseil de sécurité, adoptée en décembre 2017, imposait leur rapatriement dans un délai de 24 mois. Les rapports remis au comité des sanctions ont ensuite fait état de maintiens et de nouveaux envois, notamment en Chine et en Russie. Le rapporteur spécial des Nations unies a qualifié les conditions décrites de travail forcé dans plusieurs de ses rapports.

Emploi dans les zones spéciales

Dans le complexe de Kaesong, actif de 2004 à 2016, les salaires étaient versés à un organisme nord-coréen et non directement aux salariés, dispositif critiqué par les organisations syndicales internationales. Les études sud-coréennes évaluaient la rémunération mensuelle à environ 160 dollars par salarié au début des années 2010, montant dont la part effectivement perçue par les intéressés reste inconnue.

Statistiques et incertitudes

Aucun taux de chômage ni aucune enquête emploi ne sont publiés. Les répartitions par secteur reprises dans les bases internationales dérivent du recensement de 2008 et d'estimations produites par la Banque de Corée du Sud. Ces chiffres constituent des ordres de grandeur anciens plutôt que des mesures actuelles.