Exporter en Corée du Nord
Les échanges commerciaux avec la Corée du Nord sont soumis à un régime d'interdictions et d'autorisations dont l'essentiel découle des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, transposées ensuite dans les droits nationaux. Les éléments présentés ici décrivent ce cadre et ne valent pas conseil commercial.
Architecture des restrictions
Depuis la résolution 1718 de 2006, un embargo porte sur les armes, sur les biens à double usage et sur les articles de luxe. Les résolutions adoptées en 2016 et en 2017 ont étendu les mesures aux exportations nord-coréennes de charbon, de fer, de plomb, de produits de la mer et de textiles, et ont plafonné les livraisons de pétrole brut et de produits raffinés vers le pays, la résolution 2397 de décembre 2017 fixant ce plafond à 500 000 barils de produits raffinés par an.
Contrôles nationaux
L'Union européenne applique un régime autonome interdisant un large éventail d'exportations et d'importations et gelant les avoirs de personnes et d'entités désignées. Les États-Unis maintiennent un embargo étendu assorti d'un dispositif de sanctions visant les tiers. Les entreprises établies en France relèvent des autorités douanières et du service chargé des biens à double usage pour toute demande de licence.
Exceptions humanitaires
Le comité des sanctions des Nations unies peut accorder des dérogations pour des livraisons à finalité humanitaire. Les organisations qui en ont bénéficié décrivent des délais longs et des difficultés bancaires et logistiques persistantes, difficultés relevées également dans les rapports des agences des Nations unies présentes dans le pays.
Structure réelle des flux
Les données douanières chinoises, exploitées par les agences sud-coréennes, montrent que la Chine assure la très grande majorité des importations nord-coréennes. Celles-ci comprennent des produits alimentaires, des engrais, des textiles et des biens de consommation courante. Les exportations nord-coréennes, très réduites depuis 2017, portent principalement sur des perruques et des cils artificiels assemblés à façon, sur des minéraux non prohibés et sur quelques produits agricoles.
Fermeture des frontières et reprise
La fermeture décidée au début de l'année 2020 face à la pandémie a ramené les échanges à un niveau historiquement bas selon les statistiques douanières chinoises. Les flux se sont progressivement rétablis à partir de 2023 sans revenir aux volumes antérieurs à 2017. Les rapports remis au Conseil de sécurité décrivent par ailleurs des transferts de cargaison en mer destinés à contourner les plafonds pétroliers.