Géopolitique de la Corée du Nord
La position internationale de la Corée du Nord s'organise autour de son programme nucléaire, de ses relations avec la Chine et la Russie, et de son antagonisme avec la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon. Membre des Nations unies depuis septembre 1991, le pays entretient des relations diplomatiques avec la majorité des États tout en ne disposant que d'un nombre restreint de représentations à l'étranger.
Programme nucléaire et sanctions
Le retrait du traité de non-prolifération, annoncé en janvier 2003, a précédé six essais nucléaires réalisés entre 2006 et 2017. Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à partir de 2006 une série de résolutions imposant un embargo sur les armes puis des restrictions commerciales étendues. Les pourparlers à six, associant les deux Corées, la Chine, la Russie, le Japon et les États-Unis, se sont interrompus en 2009 sans accord durable.
Relation avec la Chine
La Chine demeure le principal partenaire économique et le soutien diplomatique le plus constant. Un traité d'amitié et d'assistance mutuelle signé en 1961 n'a jamais été dénoncé. Les statistiques douanières chinoises, exploitées par les agences sud-coréennes, montrent que la Chine représente la très large majorité des échanges extérieurs nord-coréens.
Rapprochement avec la Russie
Un traité de partenariat stratégique global a été signé à Pyongyang en juin 2024 par Kim Jong-un et Vladimir Poutine. Il comporte une clause d'assistance mutuelle en cas d'agression armée, selon le texte publié par les deux parties. Pyongyang et Moscou ont reconnu en 2025 la participation de militaires nord-coréens à des opérations sur le territoire russe. En mars 2024, la Russie avait opposé son veto au renouvellement du groupe d'experts chargé de suivre l'application des sanctions des Nations unies.
Relations intercoréennes
Après les rencontres de 2018 entre Kim Jong-un et Moon Jae-in et les sommets tenus avec Donald Trump en 2018 et 2019, le dialogue s'est interrompu. Le bureau de liaison intercoréen installé à Kaesong a été détruit en juin 2020. En janvier 2024, Kim Jong-un a présenté la Corée du Sud comme un État étranger hostile et écarté l'objectif de réunification, orientation traduite dans la révision constitutionnelle rapportée en octobre de la même année.
Surveillance internationale
Après la disparition du groupe d'experts des Nations unies, un mécanisme de suivi réunissant une dizaine d'États a été mis en place en 2024 pour continuer à documenter les contournements de sanctions. Ses rapports, comme ceux qui les ont précédés, décrivent des transferts de cargaison en mer et des montages financiers destinés à échapper aux restrictions.