Institutions politiques en Corée du Nord

L'architecture institutionnelle de la Corée du Nord repose sur une Constitution adoptée en 1972 et révisée à de nombreuses reprises. Les organes de l'État y coexistent avec ceux du Parti du travail de Corée, dont la primauté est inscrite dans le texte constitutionnel lui-même.

Cadre constitutionnel

La Constitution socialiste de 1972 a remplacé celle de 1948. Elle a été amendée en 1992, 1998, 2009, 2012, 2016 et 2019, puis à plusieurs reprises au cours des années suivantes. La révision de septembre 2023 a inscrit dans le texte le statut de puissance nucléaire, selon l'agence officielle KCNA. Celle d'octobre 2024, rapportée par la même source et analysée par les instituts sud-coréens, a désigné la Corée du Sud comme un État hostile. Le texte intégral n'est pas publié de manière systématique, et les analystes travaillent le plus souvent à partir des extraits diffusés par les médias d'État.

Assemblée populaire suprême

L'Assemblée populaire suprême constitue l'organe législatif. Monocamérale, elle réunit environ sept cents députés élus pour cinq ans lors de scrutins où un seul candidat se présente par circonscription. Elle siège en général une ou deux fois par an pour des sessions brèves. Son Présidium exerce ses attributions entre les sessions et assure certaines fonctions de représentation de l'État.

Commission des affaires de l'État

Créée en 2016 en remplacement de la Commission de la défense nationale, la Commission des affaires de l'État constitue l'organe dirigeant suprême de l'appareil d'État. Kim Jong-un en assure la présidence, fonction qu'il cumule avec celle de secrétaire général du Parti du travail de Corée et avec le commandement des forces armées.

Cabinet et administration

Le Cabinet exerce les fonctions gouvernementales ordinaires et pilote les ministères économiques. Son premier ministre rend compte à l'Assemblée populaire suprême. Dans la pratique, les décisions structurantes sont arrêtées par les instances du Parti, en particulier le Bureau politique et son présidium, ce que soulignent les études publiées par les instituts de recherche sud-coréens et américains.

Justice et échelons locaux

Le parquet et les juridictions relèvent d'un système centralisé placé sous l'autorité de l'Assemblée populaire suprême. Des assemblées populaires élues siègent au niveau des provinces, des villes et des comtés, doublées à chaque échelon par les structures du Parti. La commission d'enquête des Nations unies, dans son rapport publié en 2014, a conclu que ces institutions judiciaires n'offraient pas les garanties d'indépendance reconnues par le droit international.