Libertés publiques en Corée du Nord
Les libertés publiques en Corée du Nord font l'objet d'une documentation abondante produite par les Nations unies, par des organisations non gouvernementales et par des chercheurs travaillant à partir de témoignages. L'accès indépendant au terrain restant très restreint, ces travaux reposent en grande partie sur les récits de personnes ayant quitté le pays, méthode dont les auteurs exposent eux-mêmes les limites.
Rapport de la commission d'enquête des Nations unies
La commission d'enquête établie par le Conseil des droits de l'homme a rendu son rapport le 17 février 2014. Elle a conclu que les violations constatées relevaient, pour certaines d'entre elles, de la catégorie des crimes contre l'humanité, et a recommandé une saisine de la justice internationale. Les autorités nord-coréennes ont contesté ces conclusions et n'ont pas autorisé la commission à se rendre sur place.
Cadre constitutionnel et pratique
Le texte constitutionnel énonce des libertés d'expression, de réunion, d'association et de croyance. Les organisations internationales relèvent un écart considérable entre ces énoncés et les pratiques observées. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies maintient depuis 2004 un rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée, dont le mandat est renouvelé chaque année et dont l'accès au territoire n'a jamais été accordé.
Information et communication
Les médias appartiennent à l'État et relaient les positions du Parti du travail de Corée. Reporters sans frontières classe la Corée du Nord aux tout derniers rangs de son classement mondial de la liberté de la presse depuis de nombreuses années. L'accès à l'internet mondial est réservé à un nombre restreint d'utilisateurs, la population disposant d'un réseau intérieur cloisonné. La détention de contenus audiovisuels étrangers est réprimée, en particulier depuis une loi adoptée en 2020 sur le rejet de la pensée et de la culture réactionnaires, dont le contenu a été rapporté par les instituts sud-coréens.
Détention et système pénal
La commission d'enquête de 2014 a estimé entre 80 000 et 120 000 le nombre de personnes détenues dans les camps politiques, sur la base de témoignages et d'imagerie satellitaire. Ces estimations n'ont pas pu être vérifiées sur place et sont réévaluées périodiquement par des organisations spécialisées, dont le Committee for Human Rights in North Korea. Les autorités nord-coréennes contestent l'existence de ces établissements.
Circulation et vie privée
Les déplacements intérieurs supposent des autorisations administratives, et la sortie du territoire sans permission constitue une infraction. Les organisations humanitaires font état de renvois de personnes interpellées à l'étranger. Le classement annuel de Freedom House attribue à la Corée du Nord l'une des notes les plus basses au monde pour les droits politiques et pour les libertés civiles.