Emblème de la Corée du Nord

L'emblème national de la République populaire démocratique de Corée figure sur les documents officiels, les façades administratives et les uniformes. Adopté en 1948, il a été modifié en 1993 pour intégrer une référence explicite au mont Paektu. Sa composition emprunte au vocabulaire graphique des emblèmes socialistes tout en y ajoutant des éléments propres à l'histoire nationale telle que le pouvoir la présente.

Composition graphique

L'emblème adopte une forme ovale. Une centrale hydroélectrique occupe la partie basse, surmontée d'un paysage de montagne et d'une étoile rouge à cinq branches. Deux gerbes d'épis de riz encadrent l'ensemble et se rejoignent au bas de l'ovale, où un ruban rouge porte le nom du pays en écriture coréenne. Les couleurs reprennent celles du drapeau national.

Symbolique revendiquée

Les publications officielles nord-coréennes présentent le barrage comme le signe de l'industrialisation et de l'autosuffisance énergétique, les épis de riz comme celui de l'agriculture et de la paysannerie, l'étoile rouge comme celui du socialisme. Cette lecture émane des institutions du pays et ne constitue pas une description indépendante de sa situation économique.

Évolution du motif

La version initiale, adoptée le 8 septembre 1948 en même temps que le drapeau, représentait une montagne générique. En octobre 1993, cette silhouette a été remplacée par celle du mont Paektu, volcan auquel l'historiographie officielle rattache la lutte antijaponaise de Kim Il-sung et la naissance de Kim Jong-il. Les travaux universitaires consacrés à la propagande nord-coréenne analysent cette révision comme un élément de légitimation de la succession dynastique.

Usages et cadre légal

L'emblème apparaît sur les passeports, sur les papiers à en-tête des ministères et sur les bâtiments publics. La Constitution nord-coréenne lui consacre un article, au même titre qu'au drapeau, à l'hymne et à la capitale. La reproduction des symboles de l'État obéit à des règles strictes, et leur dégradation, y compris involontaire, constitue une infraction pénale selon les témoignages recueillis par les organisations de défense des droits humains.

Distinction avec les autres symboles

L'emblème se distingue des insignes de revers représentant les dirigeants, portés quotidiennement par une grande partie de la population, ainsi que des monuments édifiés à leur mémoire. Ces objets relèvent du culte de la personnalité documenté par les chercheurs et par les organisations internationales, tandis que l'emblème conserve une fonction d'identification institutionnelle de l'État.