Hymne de la Corée du Nord
L'hymne national de la République populaire démocratique de Corée est connu sous le titre d'Aegukka, que l'on traduit habituellement par chant patriotique. Composé dans les années qui ont suivi la libération de la péninsule en 1945, il a été adopté en 1947, avant la proclamation de l'État en septembre 1948.
Auteurs et composition
Les paroles sont attribuées au poète Pak Se-yong et la musique au compositeur Kim Won-gyun, également auteur de plusieurs chants révolutionnaires diffusés dans le pays. Le texte compte deux couplets et évoque les paysages de la Corée, ses ressources et la volonté de bâtir un État prospère. Il ne mentionne ni le Parti du travail de Corée ni la famille dirigeante, ce qui le distingue de la majorité du répertoire patriotique nord-coréen.
Homonymie avec l'hymne sud-coréen
La Corée du Sud utilise également un chant intitulé Aegukka. Les deux pièces portent le même titre mais diffèrent totalement par leur mélodie et par leur texte. Cette homonymie s'explique par l'usage répandu de cette dénomination dans les chants patriotiques coréens de la période coloniale.
Modification des paroles
En 2024, les observateurs des médias nord-coréens, dont les rédactions spécialisées basées à Séoul, ont relevé un changement dans le premier couplet. L'expression désignant les trois mille ri, mesure traditionnelle renvoyant à l'étendue de la péninsule entière, aurait été remplacée par une formule évitant toute référence à une Corée unifiée. Cette évolution accompagne l'abandon officiel de l'objectif de réunification annoncé par Kim Jong-un en janvier 2024.
Place dans le répertoire officiel
L'hymne est joué lors des cérémonies d'État, des visites de délégations étrangères et des compétitions sportives internationales. À l'intérieur du pays, d'autres chants occupent une place au moins aussi importante dans la vie publique, en particulier le Chant du général Kim Il-sung et le Chant du général Kim Jong-il, diffusés quotidiennement par la radio et enseignés dès l'école primaire. Les chercheurs qui travaillent sur les sources nord-coréennes soulignent que la hiérarchie réelle des chants patriotiques ne reproduit pas le statut juridique de l'hymne. L'interprétation de ce dernier reste par ailleurs prohibée en Corée du Sud au titre de la loi sur la sécurité nationale.