Peuples, langues et minorités
La Corée du Nord se présente comme un pays ethniquement homogène. La quasi-totalité de la population est d'origine coréenne, situation que les autorités érigent en principe idéologique et que les observateurs extérieurs constatent également, tout en soulignant l'absence de recensement ethnique publié.
Homogénéité revendiquée
Le discours officiel accorde une place centrale à la notion de nation coréenne unique, à laquelle les publications du Parti du travail de Corée associent une continuité historique ininterrompue. Plusieurs travaux d'historiens et de politistes analysent cette insistance comme un ressort majeur du nationalisme d'État. Aucune donnée indépendante ne permet de mesurer précisément la part des personnes d'origine non coréenne.
Communauté chinoise
Une petite communauté chinoise, désignée sous le nom de Hwagyo, réside dans le pays depuis la période coloniale. Ses membres conservent la nationalité chinoise et disposent de possibilités de déplacement vers la Chine dont ne bénéficient pas les citoyens nord-coréens, ce que relèvent les études sud-coréennes consacrées aux échanges frontaliers. Leurs effectifs, estimés à quelques milliers, ne font l'objet d'aucune publication officielle.
Rapatriés du Japon
Entre 1959 et 1984, plusieurs dizaines de milliers de Coréens résidant au Japon se sont installés en Corée du Nord dans le cadre d'un programme de rapatriement, accompagnés parfois de conjoints japonais. Les recherches universitaires et le rapport de la commission d'enquête des Nations unies publié en 2014 documentent le sort de ces familles et les restrictions imposées à leurs contacts avec le Japon. La question des ressortissants japonais enlevés dans les années 1970 et 1980, reconnue par Pyongyang en 2002, demeure un contentieux bilatéral.
Langue et norme linguistique
Le coréen est la seule langue officielle. La norme promue depuis 1966 porte le nom de munhwao, la langue cultivée, et se réclame du parler de Pyongyang. Les linguistes notent qu'elle demeure largement fondée sur la norme antérieure de Séoul. L'alphabet coréen s'emploie seul, l'usage des caractères chinois ayant été écarté de l'écriture courante, même s'ils continuent d'être enseignés à certains niveaux.
Divergences avec le sud-coréen
Une politique de purification lexicale a remplacé de nombreux emprunts au japonais, à l'anglais et au russe par des formations d'origine coréenne. Il en résulte des écarts de vocabulaire, d'orthographe et d'intonation entre les deux Corées, écarts que les linguistes des deux côtés décrivent comme croissants sans pour autant compromettre l'intercompréhension. Les dialectes du Pyongan et du Hamgyong conservent par ailleurs des traits propres face à la norme officielle.