Logement et immobilier en Corée du Nord
Le logement nord-coréen relève en droit d'un système d'attribution par l'Etat, sans propriété privée du sol ni marché immobilier officiel. Un marché informel s'est néanmoins développé depuis les années deux mille. Aucune acquisition n'est possible pour un étranger, qui ne peut ni acheter ni louer librement un bien dans le pays.
Attribution administrative
Les logements sont assignés en fonction du lieu de travail, du statut social et de l'appartenance politique. L'occupant reçoit un certificat qui ouvre un droit d'usage et non un titre de propriété. La qualité et la surface du logement dépendent largement de la position dans la hiérarchie, les cadres du Parti et les militaires bénéficiant des attributions les plus favorables.
Marché parallèle
La transmission de ces certificats donne lieu depuis plusieurs années à des transactions monnayées, tolérées sans être reconnues. Des intermédiaires organisent les échanges et les prix varient fortement selon les quartiers de Pyongyang. Les entrepreneurs enrichis par le commerce, désignés localement sous le terme donju, participent au financement de programmes de construction en échange d'appartements qu'ils revendent ensuite.
Programmes de construction
La capitale a connu plusieurs campagnes de construction très médiatisées, avec les tours de la rue Mirae achevées en 2015, celles de la rue Ryomyong en 2017, puis un plan annoncé en 2021 portant sur cinquante mille appartements en cinq ans, dont les tranches successives ont été livrées dans les quartiers de Songhwa et de Hwasong. Ces réalisations sont présentées par les médias officiels comme des dons du dirigeant aux travailleurs.
Habitat en province
Hors de Pyongyang, l'habitat associe immeubles collectifs anciens et maisons individuelles basses, souvent dépourvues de chauffage central et alimentées de manière intermittente en électricité. Un programme de reconstruction rurale porte sur plusieurs milliers de logements par an dans les comtés agricoles. Les inondations du fleuve Yalu, en 2024, ont détruit des habitations dans la province du Phyongan du Nord et donné lieu à des chantiers de relogement largement mis en scène par la presse d'Etat.
Situation des étrangers
Les diplomates et les personnels des organisations internationales résident dans un périmètre dédié du quartier de Munsu, à Pyongyang, dans des locaux mis à disposition par les autorités. Les entreprises étrangères implantées dans les zones économiques spéciales louent leurs installations auprès d'organismes d'Etat. Aucun régime de propriété n'existe en dehors de ces arrangements.