Téléphone et Internet en Corée du Nord

La Corée du Nord constitue l'un des environnements de communication les plus fermés au monde. L'accès à l'Internet mondial y reste réservé à un cercle restreint d'institutions et de résidents étrangers autorisés, tandis que la population dispose d'un réseau national isolé. La téléphonie mobile s'est en revanche largement diffusée depuis la fin des années deux mille.

Intranet Kwangmyong

Ouvert en 2000, Kwangmyong est un réseau national fermé, sans connexion avec l'extérieur. Il donne accès à des bases documentaires, à des messageries internes, à des sites d'universités et d'organismes d'Etat, ainsi qu'à des contenus étrangers préalablement filtrés et recopiés. Il se consulte depuis les bibliothèques, les établissements d'enseignement, les entreprises publiques et, dans les grandes villes, depuis les terminaux mobiles.

Accès à l'Internet mondial

La connexion internationale du pays repose sur une liaison en fibre optique reliant Pyongyang à Dandong, en Chine, exploitée par China Unicom, doublée depuis 2017 par une route passant par Vladivostok. Le nombre d'utilisateurs autorisés demeure très faible et concerne principalement des administrations, des instituts de recherche et les missions étrangères. Les visiteurs de passage n'y ont pas accès.

Réseau Koryolink

Koryolink a été lancé en 2008 sous la forme d'une coentreprise entre le groupe égyptien Orascom et l'opérateur public, avant que le partenaire étranger n'en perde le contrôle effectif. Un second opérateur, Kangsong, est apparu par la suite. Le parc d'abonnés est estimé entre six et sept millions de lignes pour une population de l'ordre de vingt-cinq millions d'habitants, selon les évaluations disponibles au milieu des années deux mille vingt. Les appels vers l'étranger restent fermés à ces abonnés.

Cartes SIM pour étrangers

Les visiteurs conservent leur téléphone à l'entrée du territoire depuis 2013, la confiscation systématique ayant alors pris fin. Une carte SIM locale leur est proposée, sur un réseau distinct de celui des résidents, qui autorise uniquement les appels internationaux et non les communications avec des numéros nord-coréens. Le tarif de ces appels est élevé et la connexion de données ne s'ouvre qu'aux étrangers installés durablement dans le pays.

Terminaux et contrôle

Plusieurs dizaines de modèles de téléphones circulent, généralement des appareils d'origine chinoise dotés d'une version modifiée d'Android. Des mécanismes de signature numérique empêchent l'ouverture de fichiers non validés par les autorités, selon les analyses techniques publiées par des chercheurs indépendants. Les postes de radio et de télévision doivent être réglés sur les seules émissions officielles et font l'objet d'un enregistrement auprès des services compétents.